Uzeste musical

Coup de jeunes sur Uzeste Musical

Article paru dans l'humanité du 28 septembre 09 

Festival. Foisonnement de musiques, de mots et d’émotions pour l’édition 2009. Les jeunes artistes et l’Estaminet tout neuf ouvrent un nouvel âge pour la cité girondine.

Dominante de l’édition 2009 : les jeunes artistes ont pleinement occupé le devant de la scène jazz de la 32e Hestejada d’Uzeste Musical. Cette édition s’est achevée mardi dernier après huit jours d’une programmation transartistique dense et sans égal aussi avec d’autres festivals par les problématiques posées qui donnent sens et valeurs.
vingt ans tout au plus

Article tiré de la NVO du 28 août 09

Rencontre et Utopie

Pour sa 32ème édition, le festival créé par l'amusicien Bernard Lubat, et où la CGT fête le vingtième anniversaire de sa coélaboration, explore dans la rencontre entre artistes, chercheurs, syndicalistes... le thème de la catastrophe et de l'utopie.

Quelques photos du festival 2009...

 

www.uzeste.org

 

UZESTE MUSICAL du 18 au 25 aout 2009

 

 

Une 32e « Hestejada de las arts » intercommunale à la hauteur de sa réputation internationale de manifestivité transartistique, éduc’actrice, responsable et pionnière élitaire pour tous, encore et toujours en état de résistance à tous les chants de sirènes populistes et autres phagocytassions « popuplaires » ou « élitristes ».

Une 32e édition « université d’été aux champs », à l’avant-garde champêtre du débat d’idées philosophique, social et sociétal, d’art et d’esthétique, pour un art de la diffusion de l’art à la pointe de l’exploration expérimentale poïélitique pour le principe de réalité d’une « poétique de la relation » (Edouard Glissant).

PS : ici pas de têtes d’affiche audimatées, ici on affiche sa tête délibérée. Ici pas d’idoles, pas d’idiots, pas de stars, pas de têtards, pas de vedettes, pas de courbettes. L’exact inverse d’une addition (addiction ?) programmative clientéliste. Un acte cultivant, l’ « avertidivertissement divertisavertissant » pour des publics considérés comme des citoyens – adultes et libres et non pas comme des clients infantilisés et captifs.

 

 

 

Dans l’histoire la CGT, il n’y a pas d’autre expérience de ce type. Si la CGT a croisé le chemin de nombreux créateurs, si elle a participé à de nombreuses initiatives, jamais, une co-élaboration, avec le contenu que nous lui avons donné, n’a existé. Une co-élaboration toujours en mouvement,  qui n’est pas figée dans un cadre pré défini et qui nous met en situation de création, d’improvisation, ce qui n’est pas forcément  confortable pour une organisation syndicale. Nous avons participé à la création du festival de Cannes, nous avons participé, avec les Comités d’Entreprises, à l’aventure du théâtre Populaire de Jean Vilar et la création du festival d’Avignon. Mais ces expériences n’ont pas tenu dans le temps.

 

Pourquoi la CGT à Uzeste :

La démarche de la CGT  tend à mettre les syndiqués au centre de la construction revendicative, « auteur acteur » avons-nous l’habitude de dire. Mais nous savons aussi qu’il n’y a rien de spontané dans cette démarche (c’est comme l’impro…). Elle est exigeante. Les salariés sont confrontés à un tsunami idéologique qui s’immisce dans tous les espaces de la pensée. Comme dirait l’ex PDG de TF1 « Nous sommes là pour vendre les espaces de cerveau disponible à COCA »…Notre boulot est de résister à ce populisme ambiant et dont personne n’est à l’abri, une façon de se laisser couler dans un moule uniformisé qui peut nous rassurer, parfois par paresse, parfois par lassitude.  Lorsque l’on est sur la barricade en permanence, on peut avoir la tentation de se laisser bercer par des mièvreries qui nous reposent. Il n’y a rien de culpabilisant à faire ce constat. Nous sommes tous confrontés à cette réalité. Or, si nous en sommes conscients, cela nous  conduit à réfléchir comment résister  à cette idéologie dominante.

« Il n’y a pas d’autre système possible que l’économie de marché et le système capitaliste ». Il n’y pas d’argent pour les salaires, pour la protection sociale, pour la réponse aux besoins des femmes et des hommes ; la mort lente de peuples sur des continents  à deux heurs d’avions de chez nous serait inéluctable, serait une sorte de dégâts collatéraux dont on nous  demanderait de détourner les yeux. Toute pensée contraire à cette logique serait impensable…

Penser par soi-même pour construire ensemble, cela veut dire que nous avons la responsabilité  de créer les conditions pour que chacune et chacun puisse accéder à d’autres visions du monde que celles imposées en permanence, donner à réfléchir, à se réfléchir, pour construire, pour se construire. Le rapport aux enjeux culturels, à la création artistique, pour ce qui concerne notre participation à Uzeste, est donc au  cœur de cette démarche.

A Uzeste, on considère ceux qui viennent, comme des spectacteurs. On ne vient pas consommer son spectacle et on repart. On ne vient pas se consoler mais on vient se confronter, le tout dans une joyeuse dynamique.