Budget régional
Séance plénière du 11 décembre 08
Annonces de récession, avalanche de suppressions d’emplois dans tous les secteurs économiques aquitains (FORD à Blanquefort, SONY à Pontonx), baisse du pouvoir d’achat, dynamitage de la protection sociale et de l’hôpital public, augmentation de la pauvreté et du nombre de sans abri. La crise sera durable et va s’amplifier nous dit-on.
Nous sommes donc loin des promesses faites pour le pouvoir d’achat, les retraites, la croissance. C’est dans cette situation que les salariés sont appelés à mettre de nouveau les mains à leur poche
Les finances publiques si souvent décriées pour leur manque supposé d’efficience se retrouvent aujourd’hui, sommées de contribuer à sauver les banques. Le PDG de Renault use de chantage en menaçant des de suppressions massives d’emplois si l’argent public ne lui venait pas lui porter secours sans conditions. C’est un peu trop rapidement tenter de vouloir faire oublier les profits de son entreprise et les 97 milliards d’euros de profits réalisés en 2007 par les entreprises du CAC 40.
Si les caisses sont vides pour les salaires, l’éducation, la protection sociale, elles ne le sont pas pour tout le monde.
Hors sujet me direz-vous ? Pas si sûr. L’État cautionne 320 milliards d’euros pour aider les banques, dans la poursuite de leurs activités financières tandis que dans le budget de l’État 2009, on est passé de 25% à seulement 6% des dépenses pour l’investissement public. C’est un chiffre ridicule. Les régions vont donc d’une manière ou d’une autre être encore plus sollicitées financièrement qu’elles ne le sont déjà. 72% des investissement faits en France sont faits par les collectivités locales. Or, avec le plafonnement prévu de la Taxe professionnelle et même le projet de sa suppression, avec l’incertitude sur pérennité de la TIPP (exprimée dans l’avis), les collectivités locales seraient contraintes à l’asphyxie et à ne plus pouvoir répondre comme elles le devraient aux besoins des populations dans la région.
La région dans le cadre de sa compétence dans les domaines économiques et de formation professionnelle est amenée à se doter d’outils d’accompagnement et de soutien pour les PME et pour la revitalisation des territoires en difficulté. Cela ne peut pas aller sans un questionnement alors que l’État dit débloquer 10,5 milliards d’euros pour les PME PMI. Que sont donc devenus les 50 milliards d’euros dans les comptes CODEVI destinés au financement locale des PME PMI.
Les aides publiques doivent clairement servir à notre sens comme le souligne l’avis au soutien de projets structurants pour la création d’emplois durables. Pour ces mêmes raisons, nous restons opposé à la participation de la région à des fonds à risques.
Il nous paraît nécessaire de rappeler la proposition CGT de créer un « fonds d’intervention pour l’emploi et le développement solidaire des territoires ». Nous pensons que ce fonds répondrait pleinement aujourd’hui aux besoins attendus en financement pour les PME sur les territoires. Cela serait de nature selon nous à permettre de réorienter l’épargne régionale et le crédit en Aquitaine prioritairement vers l’investissement et le développement industriel.
Le choix de la région d’intervenir encore plus dans la formation et l’apprentissage va dans le sens du développement des qualifications. Ce sont des dépenses utiles pour ouvrir des issues à la crise qui passent par la revalorisation du travail et des capacités humaines.
A ce sujet nous revendiquons depuis longtemps un véritable revenu pour les jeunes en formation professionnelle. L’extension du versement d’une rémunération à l’ensemble des stagiaires de la formation professionnelle ainsi que les actions en faveur du logement des jeunes apprentis salariés et stagiaires en formation ne peuvent que nous satisfaire, même si cette enveloppe nous parait nettement insuffisante. La faiblesse des rémunérations forfaitaires octroyées aux stagiaires se situe pour la plus part en dessous du seuil de pauvreté.
Comité Régional CGT Aquitaine