02-02-2010
Debrayage
2 février 2010, mobilisation chez Ford
Un an après la reprise... il est urgent de se remobiliser pour sauver nos emplois
Il y a un an, John Fleming président de Ford Europe, Birger Hammerstein DG de Johann Hay,
Marcus Ziegler PDG de HZ, Christine Lagarde Ministre de l’économie, Hubert Falco secrétaire
d’Etat à l'Aménagement du territoire et les élus locaux Alain Juppé, Alain Rousset, Vincent Feltesse,
Pascale Got… annonçaient la reprise de FORD Blanquefort par la Holding HZ. Cela se passait au
grand Hôtel de Bordeaux avec démonstration médiatique. Quelques heures après, nous avions droit à
l’usine à la cérémonie avec grand écran, musique et applaudissements amplifiés.
Les représentants de FORD, HZ, HAY et notre direction actuelle affirmaient que le site était
pérennisé et tous les emplois sauvés. Les politiques se disaient soulagés du dénouement surtout après
deux ans de mobilisation sans relâche des salariés pour sauver le site et tous les emplois.
Pour bien se remémorer, nous rappelons certaines déclarations de ces gens-là :
Certains complètement hypnotisés ou consciemment manipulateurs …
Christine Lagarde, ministre de l’économie : « Cette usine ne fermera pas. Tous les emplois seront sauvés »
John Fleming président Ford Europe : « l'annonce d'aujourd'hui démontre que nos engagements ont
été clairement tenus ».
Markus Ziegler, PDG de HZ : « Nous sauvegarderons le niveau d'emploi actuel à des conditions salariales inchangées »
Birger Hammerstein, DG de Johann Hay : « Optimisme sur l'avenir de (Ford) Blanquefort »
Alain Juppé, maire de Bordeaux : « Une conclusion heureuse », « Ce succès, nous le devons au savoir-faire des salariés et à la défense de leur site sans concession et sans dérapage. Mais le comité va continuer à fonctionner car il faut voir quels sont les investissements qui vont être faits et surveiller cette reprise »
Xavier Darcos, ministre du travail : « Le problème de Ford a été réglé par Alain Juppé et Christine Lagarde ».
Jacques Passemard, directeur de 2ADI : « Ce sont des gens pressés et efficaces. Ils savent prendre des décisions très vite »
… et d’autres un peu plus méfiants :
Vincent Feltesse, maire de Blanquefort et président de la CUB : « Une très bonne nouvelle mais une grande vigilance tant que le montage financier ne sera pas précisé »
Alain Rousset, président PS de région : « C'est un projet ambitieux, il reste encore du chemin à parcourir pour garantir la sauvegarde à long terme de tous les emplois »
Pascale Got, député du Médoc : « Mais notre travail doit continuer. C’est une victoire importante mais il ne faut rien lâcher ».
A ce moment là, à la CGT Ford, nous n’étions pas rassurés et loin de cet enthousiasme de façade. Nous écrivions dans nos tracts :
6 février 2009 : L’annonce de la reprise ne répond pas complètement à nos inquiétudes mais c’est quand même le résultat de notre mobilisation qui dure depuis deux ans. Cela doit nous donner confiance pour la suite car, évidemment, la bataille n’est pas terminée. Nous avons fait un premier pas, il nous faut maintenant toutes les garanties. La pérennité du site et des emplois doivent être garantis par Ford, pas seulement par le repreneur.
13 février 2009 : L’avenir n’est pas garanti mais au moins nous avons l’espoir d’un avenir. Quelle
que soit la méfiance que nous avons, il peut y avoir une perspective industrielle pour le site. Mais cet
avenir reste à construire. Pour cela, la bataille doit continuer car nous avons besoin de garanties
pour les mois et les années qui viennent.
Lundi 1er février 2010
Tout ce que nous avons à défendre
- Tous les emplois doivent être sauvés (y compris pour les salariés sous-traitants).
- La pérennité du site et des emplois doivent être garantis par Ford et pas seulement par le repreneur.
- Aujourd’hui les engagements de Ford, de HZ et de l’État ne sont pas tenus : Aucun contrat de signé, aucun projet n’est au rendez vous comme prévu dans le calendrier présenté lors de la reprise, deux projets ont été perdus, il n’y a aucune garantie de pérennité du site, il n’y a pas de transparence de la direction de First, Ford, HZ et HAY sur qui décide quoi, qui finance et qui est derrière HZ. Nous voulons des réponses précises aux questions remises à la direction lors du droit d’alerte.
- Pour préserver les 8600 personnes que fait vivre le site : 1600 emplois + les sous-traitants + les emplois induits (chiffres INSEE). La fermeture du site serait une catastrophe sociale pour la région.
- Pas d’externalisation, il faut refuser l’éclatement de l’effectif.
- Si nous perdions nos emplois, très peu d’entre nous retrouverions du travail. Pour exemple, à peine 10 % des salariés de Solectron ont retrouvé depuis un emploi, et parmi eux la plupart dans de plus mauvaises conditions.
- Pour préserver nos acquis, nos conditions de travail.
- Pour exiger des projets industriels d’avenir sur le site (les énergies nouvelles, voitures électriques, diversification de la production ...).
Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ?
L’action du 2 février est avant tout symbolique. Marquer le coup un an après le début du processus de reprise, c’est l’occasion d’exprimer à la fois notre mécontentement et nos inquiétudes. C’est dire que cela ne peut pas continuer ainsi, que nous ne pouvons pas attendre que les choses aillent plus mal encore. C’est dire aussi que nous devons entrer dans une nouvelle phase de mobilisation. Les salariés doivent intervenir car c’est le meilleur moyen d’exercer une réelle pression sur tous les décideurs et dirigeants pour faire avancer les choses. Car cela ne viendra pas tout seul !
Nous refusons de nous résigner à perdre un seul de nos emplois. Nous sommes convaincus que notre résistance commencée il y a plusieurs années peut aboutir au maintien de l’activité sur le site. Cela signifie une bataille déterminée et sans rien lâcher. Nous pouvons être acteur de notre avenir.
C’est maintenant que nous devons trouver des solutions ensembles pour nous faire entendre le plus fort possible. Nous souhaitons évidemment par cette journée convaincre les autres syndicats qu’il faut se sortir de la routine des réunions « hypnotiques » avec la direction. Notre force c’est celle des salariés en mouvement, c’est ce que craignent le plus les patrons et les pouvoirs publics. Mobilisons-nous !
Organisation de la journée du 2 février
Nous appelons au débrayage de 7h30 à 17h. Durant la journée nous prévoyons deux rendez-vous principaux :
De 7h30 à 9h00 : distribution de tracts au rond point devant l’usine pour sensibiliser la population, avec banderoles pour être bien visibles. Nous appelons les salariés à venir distribuer, car nous ne pensons pas que c’est une affaire de syndicalistes uniquement.
De 12h00 à 16h00 : rassemblement devant les portillons. Nous diffuserons une vidéo que nous avons faite pour rappeler les déclarations des « officiels » il y a un an. Nous invitons les élus politiques, les médias (conférence de presse). L’objectif étant de débattre sur la situation et des moyens que nous avons pour influer sur les évènements.
Il y aura un casse croûte (sandwiches + boissons + café).
Les collègues peuvent débrayer pour l’une ou l’autre des actions ou pour les deux ou pour toute la durée de l’appel.
Tous ensemble, faisons entendre la voix des salariés, ce 2 février n’est qu’un début.
Comité Régional CGT Aquitaine