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Aéro

Déclaration CGT

lors du rassemblement du 16-3-2007 devant la préfecture,
lors de la journée européenne de mobilisation pour l'avenir de l'aéronautique

Ce rassemblement fait partie intégrante de toutes les initiatives programmées par la Fédération Européenne de la Métallurgie en France, mais également en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et Belgique autour de 'avenir de la filière aéronautique après les annonces d'Airbus et de sa maison mère EADS.

Pour ce qui concerne l'Aquitaine ; notre région est tournée vers le ciel avec ses nombreuses sociétés industrielles très diversifiées dans l'aéronautique et le spatial en passant de l'étude et la construction de l'avion « Drone » à l'« A380 » sans oublier les hélicoptères et les avions d'affaires, dans le spatial avec les 2 lanceurs « Ariane » et « Vega » et dans le domaine de la Défense du missile stratégique M51 au missile tactique Mistral ou du Rafale à l'A 400M. Des grands groupes industriels sont implantés en Aquitaine comme Dassault, EADS, Safran, Thalès, SNPE sans oublier les entreprises étatiques comme « AIA », « ARA », les centres d'essais, ...

Il est nécessaire de rappeler que des grands groupes comme EADS (ex Aérospatiale), Safran (ex Snecma), Thalès (ex Thomson), ... doivent en partie leur avance technologique et leur renommée mondiale grâce aux financements de l'Etat du temps de leur statut « d'entreprises du secteur nationalisé ou public ». Sans l'appui majeur de l'Etat pour le premier Airbus, le groupe de monsieur Lagardère ne serait pas numéro 1 mondial du transport civil aérien, il en est de même pour le Groupe de monsieur Béchat où les financements par avances remboursables de l'Etat pour le turboréacteur CFM 56 et le M88, ..., ne permettraient pas d'avoir cette notoriété Européenne et Mondiale.

Les entreprises aéronautiques et spatiales ne sont pas dans une filière industrielle en crise. Tous les signaux sont au vert : plan de charge pour au moins six ans, trésorerie en bonne santé, croissance importante des dividendes distribués… Dans cette dynamique industrielle, les fruits de la croissance ne devraient pas se traduire par le gel des embauches, des plans de suppressions d'emplois et des budget de recherche et développement rabougris, mais nécessiteraient d'induire des emplois supplémentaires et un plan de formation aux métiers de l'aéronautique pour assurer les commandes en cours et le renouvellement démographique des salariés.

Pour la CGT, il y a nécessité de mettre en place une gestion massive de l'emploi et des compétences afin d'anticiper la transmission du savoir faire d'ici 2012 dans le cadre du départ des 40% de salariés de l'aéronautique et du spatial qui arriveront à l'âge de la retraite.

Ces industries civiles et militaires emploient 48 000 salariés en Aquitaine et pèsent fortement dans le produit intérieur brut de l'Aquitaine en dégageant de la forte valeur ajoutée sur des technologies de pointe. Ces savoir-faire sont complémentaires. Pour exemple les technologies de composites chauds qui sont employées pour des missiles, sont appliquées sur Ariane et demain sur des moteurs aéronautiques civils comme le futur CFM 56 qui verra le jour en 2010-2012. Il sera plus léger, moins bruyant et surtout moins gourmant et moins polluant. Il en est de même pour les technologies employées sur les radars de l'A380 conçus au départ pour le Rafale.

Ces innovations technologiques se sont inscrites dans une dynamique industrielle et non du tout financier où quelques actionnaires font pression pour un retour sur investissement à très court terme alors que de la conception d'un avion ou d'un lanceur à sa commercialisation, une 20ène d'années se sont écoulées.

Mais, il s'agit de s'extraire de la logique financière et de ne pas tomber dans le piège des conceptions nationalistes, conduisant à opposer, par exemple, les régions et les sites français ou européens entre eux. Nous voulons le développement de l'emploi et des salaires, des coopérations, une place pour les salariés dans la gestion, un capital stable avec une participation et un rôle accru de l'État.

Le conflit autour de la Sogerma a été l'exemple type de la situation et aujourd'hui c'est le tour d'Airbus et demain à qui le tour ?

Sous prétexte d'une rentabilité faible, le site de la Sogerma à Mérignac était voué à la fermeture et ses 1050 salariés licenciés.

L'intervention des personnels et de la population, des pouvoirs publics locaux et nationaux contre la fermeture complète de la SOGERMA a permis la sauvegarde de cet outil industriel de maintenance aéronautique lourde unique et le maintien de 700 emplois. Hier, les actionnaires d'EADS voulaient fermer et licencier, aujourd'hui Sogerma Services et TAT qui forment à eu deux le site Mérignacais doivent embaucher pour répondre aux commandes.

Pour Airbus, le PDG Gallois projette de supprimer 10.000 emplois dans la communauté européenne avec l'appui du Medef dont 4300 en France sous le seul argument qu'Airbus doit être encore plus rentable. Les économistes de tous bords sont unanimes ; le plan « power8 » va aggravé la situation d'Airbus et par effet de cascades toute la filière aérospatiale.

Le carnet de commandes d'airbus équivaut à :

  • plus de 5 années d'activités
  • plus de 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires
  • 436 avions/an, objectif de 500 à 600/an,
  • une production de près de 2 avions par jour travaillé.

Et pour le long terme les besoins mondiaux sont estimés à 23 000 avions d'ici 2023.

Quelle industrie peut se prévaloir d'un tel carnet de commandes
avec une vision claire sur plus de 15 ans ?

L'aéronautique a besoin d'emplois supplémentaires pour se développer

La CGT est POUR de vraies politiques de développement de l'aérospatiale et de l'emploi en Aquitaine.

La CGT est POUR le retrait du plan « Power8 » et de ceux qui en découleraient.

Il y a nécessité pour les salariés d'avoir un emploi stable et bien rémunéré afin de vivre dignement en Aquitaine.

La CGT propose la création d'un statut du salarié de l'aéronautique afin d'arrêter que la variable d'ajustement soit la masse salariale.

Les représentants des personnels élus doivent avoir de nouveaux droits leurs permettant de stopper un plan de restructuration ou une réorganisation inadapté avec la possibilité de faire des propositions alternatives.

Les fonds publics versés aux entreprises (63 milliards d'euros en 2006) ont obligation d'être contrôlés par des commissions départementales paritaires afin que ce financement public ne soit pas directement versé dans les dividendes des entreprises privées mais bien attribué au social.

C'en ce sens que la CGT demande qu'une table ronde soit réalisée rapidement en Aquitaine autour du Préfet en présence de tous les acteurs afin de pérenniser, développer et diversifier les entreprises de cette filière en Aquitaine.

Contact

Pierre Giacomini : 06.81.61.90.90

Pour le développement de l’emploi et l’avenir de l’industrie aéronautique